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Ici, il s’agit de l’extrait n°2. Il y a un danger.

L’extrait 1 était contemplatif et ontologique (adjectif de “être”) : qu’est-ce qu’une forêt ?

L’extrait 2 est presque politique et écologique : qu’avons-nous fait du monde ?

Pour l’oral, il est important que l’élève comprenne qu’il ne faut pas réciter la même analyse sur tous les textes de Mes forêts.


I. Analyse universitaire

Quel est le problème fondamental du texte ?

L’extrait décrit un monde en crise :

  • crise écologique ;
  • crise morale ;
  • crise spirituelle ;
  • crise du langage.

La nature n’est plus ici un refuge.

Elle est blessée.

Le poème devient alors une forme de résistance.


Problématique possible

Version simple

Comment Hélène Dorion fait-elle de la dégradation du monde une réflexion poétique sur notre époque ?

Version plus ambitieuse

Comment le poème transforme-t-il une catastrophe écologique en expérience intime et en interrogation existentielle ?

Je préfère la seconde.

Elle colle davantage au parcours :

Poésie + Nature + Intime.

Car le texte n’est pas un tract écologique.

C’est une expérience intérieure de la catastrophe.


Structure profonde du texte

Le texte suit un mouvement descendant :

1. Constat de la catastrophe

vers 1 à 13

Le monde est cassé.


2. Le langage lui-même vacille

vers 14 à 24

Le poème cherche encore à parler.


3. Menace finale

vers 25 à 27

La nature tremble.

La nuit approche.


Syntaxe

Une structure obsessionnelle

L’expression :

« il fait un temps »

revient plusieurs fois.

Cette répétition fonctionne comme un refrain.

Elle rappelle :

  • une litanie ;
  • une plainte ;
  • un bulletin météorologique apocalyptique.

Mais ce temps n’est pas météorologique.

C’est un temps historique.


Juxtaposition

Exemple :

« un temps de séisme et de chute »

Les mots s’accumulent.

Peu de liens logiques.

Effet :

  • urgence ;
  • chaos ;
  • saturation.

La syntaxe imite la désorganisation du monde.


Vers libres

Aucune régularité.

Le poème paraît disloqué.

Comme le paysage qu’il décrit.


Champs lexicaux

1. La destruction

Très dominant.

  • cicatrices
  • séisme
  • chute
  • ravagée
  • éclaté
  • morts
  • défaire
  • béant
  • bile
  • éboulis

Tout renvoie à une blessure.


2. La nature

  • oiseaux
  • terre
  • jardins
  • rose
  • lavande
  • forêts

Mais cette nature apparaît vulnérable.


3. Le langage

Très important.

  • chant
  • mots
  • spectacles muets
  • pourquoi
  • comment

Le poème réfléchit à sa propre capacité à dire le monde.


Figures de style

Personnification

« les oiseaux demandent refuge »

Renversement :

d’habitude les hommes cherchent refuge dans la nature.

Ici :

la nature cherche refuge.


Métaphore

« temps de cicatrices »

Le temps historique devient une blessure.


Métaphore du langage détruit

« maison noire des mots »

Image magnifique.

Le langage lui-même est en ruine.


Hyperbole

« tout un siècle à défaire le paysage »

La responsabilité humaine est étendue à toute une époque.


Grammaire

Présent d’actualité

Tout se déroule maintenant.

La catastrophe n’est pas passée.

Elle est en cours.


Impersonnel

« il fait »

Le sujet humain disparaît.

Le mal semble partout.


Première personne

« mon chant soulève »

La poète réapparaît.

Le poème devient un acte de résistance.


Liens culturels

Victor Hugo

Le poète comme conscience du monde.


Giono

Même amour de la nature.

Mais ici une nature blessée.


Tao Yuanming

Contraste intéressant :

chez Tao Yuanming :

harmonie.

chez Dorion :

rupture de l’harmonie.


Film

L’Homme qui plantait des arbres

Dorion décrit ce qui arrive quand l’on cesse précisément de planter des arbres.


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