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Le parcours n’est pas :

« Les mots »

ni

« L’amitié »

mais

« Théâtre et dispute »

La problématique doit donc montrer que la dispute n’est pas seulement un sujet du texte : elle est son moteur dramatique.


A. Présentation auteur / œuvre / parcours

Nathalie Sarraute (1900-1999) est une écrivaine associée au Nouveau Roman. Elle s’intéresse moins aux actions qu’aux mouvements psychologiques presque imperceptibles qui traversent les relations humaines. Elle les appelle les « tropismes ».

Pour un oui ou pour un non, créée en 1982, est une pièce de théâtre mettant en scène deux amis, H.1 et H.2. L’intrigue paraît dérisoire : une amitié est menacée à cause de quelques mots prononcés lors d’une conversation. Pourtant, derrière ce prétexte minime se révèle toute la fragilité des relations humaines.

Cet extrait appartient au parcours « Théâtre et dispute ». Il montre comment une simple parole peut devenir le point de départ d’un affrontement dramatique.


B. Problématique

Parmi toutes les formulations possibles, je retiendrais :

Comment Nathalie Sarraute transforme-t-elle un incident verbal apparemment insignifiant en véritable conflit théâtral ?

Pourquoi celle-ci ?

Parce qu’elle articule directement :

  • la dispute ;
  • le langage ;
  • la théâtralité.

Et elle permet de démontrer que :

dans cette pièce, la dispute naît moins des faits que de l’interprétation des mots.


C. Analyse universitaire

1. La syntaxe : une parole qui hésite

Dès l’ouverture :

« C’est… c’est plutôt que ce n’est rien… »

Les points de suspension dominent tout l’extrait.

Ils produisent plusieurs effets :

  • hésitation ;
  • embarras ;
  • difficulté à nommer ;
  • tension dramatique.

Paradoxalement :

la dispute commence avant même que l’on sache ce qui est reproché.

Le conflit est déjà présent dans la forme.


2. Une syntaxe de l’inachevé

Les phrases restent souvent suspendues :

« si je te les dis… »

« ce n’est rien qu’on puisse dire… »

Le non-dit devient plus important que le dit.

C’est une caractéristique fondamentale du théâtre de Sarraute.

Le véritable événement dramatique est invisible.


3. Champ lexical de la parole

Le texte ne cesse de parler du langage :

  • parler ;
  • évoquer ;
  • dire ;
  • mots ;
  • parler ;
  • comprendre.

La dispute n’est pas provoquée par une action.

Elle est provoquée par le langage lui-même.


4. Champ lexical du secret

On trouve également :

  • personne ne l’ose ;
  • permis de parler ;
  • reculer ;
  • comprendre ;
  • personne.

Le dialogue ressemble à une confession.


5. La figure centrale : la répétition du « rien »

Le mot revient obsessionnellement :

« ce n’est rien »

« rien qu’on puisse dire »

« ce n’est rien »

Cette répétition crée un paradoxe.

Plus H.2 affirme que c’est insignifiant, plus le spectateur comprend que c’est essentiel.


6. L’ironie dramatique

Le spectateur sait déjà une chose :

si une amitié est en train de se briser, ce « rien » est forcément quelque chose.

L’écart entre ce qui est dit et ce qui est réellement vécu produit une tension théâtrale.


7. La grammaire

L’abondance du pronom neutre « ça »

« évoquer ça »

« à cause de ça »

Le référent reste flou.

La grammaire matérialise l’impossibilité de nommer précisément la blessure.


L’opposition des pronoms

On observe constamment :

  • je ;
  • tu ;
  • nous.

Le conflit touche directement la relation.

Ce n’est pas une discussion abstraite.

C’est une amitié qui vacille.


D. Analyse linéaire

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