Peste, guerre et famine déciment la Lorraine (1624-1635)

Voltaire écrivait que la famine, la peste et la guerre sont les trois maux qui s'abattent sur l'humanité.
Au XVIIe siècle, aucun d'eux n'épargna la Lorraine, qui va perdre entre 300.000 et 400.000 habitants sur les 600.000 qu'elle comptait vraisemblablement.

La peste ouvre la danse mortuaire en 1624.
Puis, en 1633, la guerre de Trente ans éclate, et Impériaux, Croates, Suédois, Français, Ecossais viennent se battre en Lorraine, transformée en gigantesque champ de bataille européen.
Plus de la moitié de la population disparaîtra, comme l'indique la chute brutale du nombre de feux (foyers) entre 1631 et 1635.

Exemples :
Ville ou village Feux en 1631 Feux en 1635
Frouard

100

6

Art-sur-Meurthe

42

6

Lay-Saint-Christophe

181

12

Malzéville

228

46

Villers-les-Nancy

43

5

Vandoeuvre

57

14

Thelod

70

25

A Ogneville, il reste 5 habitants, 2 à Chaouilley...

Près de 80 écarts, hameaux ou villages disparaissent complètement.

La population, affaiblie par la guerre et la famine, devient une proie facile pour la peste, qui devient violente.
52 personnes meurent en une seule nuit à Einville en 1633.
1720 morts dans la ville neuve de Nancy en 1635.
En novembre 1635, Metz perd 6.000 de ses habitants et ne comptera plus que 3.000 habitants en 1643.

La Lorraine se repeuple avec des colons

Des Slovaques vont s'implanter par exemple dans la région de Badonviller dès le XVIIe siècle.

Des Français ou des Allemands catholiques vont coloniser les zones désertés.

Finalement, à la fin du 18ème siècle, la population devient assez dense pour engendrer des départs vers l'étranger : Banat de Temesvar (villages lorrains en Yougoslavie), Amérique.

(bibliographie : Géographie lorraine, pp.403-4)