CONNAÎTRE LES RYTHMES DE LA MÉMOIRE POUR MIEUX RÉVISER, TRAVAILLER OU S'EXERCER

L'article précédent présente une approche parmi d'autres de la mémoire. Même si nous ne développerons pas le sujet, la Gestion Mentale a apporté sa contribution en la matière en explicitant le geste mental de mémorisation. Nous soulignerons ici simplement la contribution qu'elle peut apporter à la réactivation : il y a une façon de faire qui l'optimise.

DES CLÉS POUR LE PROGRAMME DE RÉVISION OU RÉAUDITION

Pour apprendre plus efficacement, chaque jour, après le goûter par exemple, nous pouvons commencer à passer en revue notre journée et s'attarder sur ce que nous voulons en garder.

Cela peut sembler harassant, mais une réactivation simple de la journée ne prend en réalité que quelques minutes. Cette pratique développe également la vigilance ; le lendemain, nous serons un peu plus conscients de ce que nous vivons pour mieux s'en souvenir lors de la réactivation.

Selon la courbe de la mémoire, nous pouvons planifier nos réactivations :
-     dix minutes après la prise d'information (lorsque cela est possible !) ;
-     le jour même ;
-     dans la semaine ;
-     dans le mois ;
-     dans les six mois…
et pourquoi pas par la suite chaque année (notamment au lycée où le bac se prépare sur trois ans).


DES CLÉS POUR TRAVAILLER PLUS EFFICACEMENT UN COURS

1. (le cahier ou le classeur de cours est fermé)

Convoquer et accueillir les souvenirs du cours.

TOUS les souvenirs, même les non scolaires, car les souvenirs appellent d'autres souvenirs.

Il peut être utile, pour éviter toute forme d'illusion, d'écrire ces souve-nirs, d'en faire par exemple un schéma heuristique ou de les noter dans un cahier qui servira uniquement à cet usage : le cahier d'évocation.

2. Ouvrir le cahier (seulement maintenant) et vérifier, modifier, compléter (VMC) que ce qu'il a en tête (ou mieux, en notes de réactivation ou bien son cahier d'évocation) contient le cours :

- Vérifier que ce que nous avons en tête est bien conforme à ce qui est écrit ;
- Modifier ce qui n'est pas semblable ;
- Compléter si besoin.

Cela nous oblige à travailler ce que nous avons en tête (le cahier fermé ou caché à chaque fois) pour le rendre en accord avec le cours écrit (cahier ouvert).

3. Imaginer des situations de réutilisation de nos connaissances.

Par exemple, des moments ou des lieux où ce que nous venons d'apprendre nous resservira, à appliquer ou/et à expliquer.
Imaginer, par exemple, de façon la plus précise possible, toutes les questions possibles d'un contrôle sur ce cours ou les différents types d'exercice que l'on peut faire avec telle partie du cours.
Bien sûr, il est utile de trouver une réponse aux questions que nous imaginons ;-).


Invention : le cahier d'évocation

Béatrice Glickmann propose de-puis 1992 un outil pour la réactivation : le cahier d'évocation.
L'élève choisit un cours cible (maths, histoire…) où il mettra en pratique ce qu'il a découvert sur son fonctionnement mental.
Le soir, chez lui, il prend 15 min à retrouver les souvenirs fabriqués en cours et il les note sur son cahier d'évocation.
Il compare ensuite les deux cahiers (évocation et cours ou exercices) comme indiqué en k.
Il écrit alors ce qui lui manque en vert, et corrige ce qu'il avait écrit d'incorrect sur son cahier d'évocation en rouge.
Le but de la manœuvre est d'arriver à ni vert ni rouge.
S'il souhaite vérifier qu'il a désormais bien en tête le cours, il peut recommencer la procédure.

NB : Nous reviendrons sur cet outil dans le prochain numéro.


DES CLÉS POUR TRAVAILLER UN EXERCICE

Nous pouvons appliquer le principe de réactivation sur le travail d'un exercice.

Nous avons réussi un exercice.

D'une part nous pouvons nous féliciter, cela positivera le système limbique [1] .
D'autre part, dans les dix minutes qui suivent au maximum, le cahier fermé (la perception est cachée), nous refaisons de tête l'exercice que nous venons de faire.

Nous procédons ainsi comme les sportifs qui repassent en tête ce qu'ils viennent de faire pour s'entraîner. Nous pouvons imaginer ce que nous ferions si on nous demandait de refaire cet exercice (en contrôle par exemple) : comment le referions-nous. Profitons d'avoir notre temps pour bien passer en revue cet exercice, car en situation d'examen, le temps est limité.

C'est d'ailleurs une piste pour gagner en rapidité : si nous butons sur cet exercice chez nous (alors que nous en avons déjà trouvé la solution), comment cela se passerait-il en contrôle ?... En faisant et refaisant cet exercice mentalement, nous pouvons gagner en rapidité d'exécution, en souplesse.


[1] Si vous avez déjà oublié ce qu'est le système limbique, réactivez et VMC avec l'article sur le cerveau triunique.