Mme Escande est sans doute la doyenne de nos lectrices. Elle a connu les heures sombres de l'Occupation étant encore au lycée. Comme elle le rappelle dans sa lettre, l'époque troublée de la Seconde Guerre Mondiale donne des exemples de personne qui "comme le dit l'expression populaire, se sont cru battus d'avance " : ils n'ont pas réussi, "leur pensée était négative". Mais lisons-la plutôt : elle nous livre ses moyens de positiver, en évoquant l'état final et la transformation pour y accéder.

« Quelque chose de positif est quelque chose de réel.

Positiver, c'est penser à une chose ou à un acte qui peut être fait et de penser au moyen de le réaliser.

Le négatif est l'opposé du positif (comme pour les nombres : -1 et -2 sont négatifs, 1 et 2 positifs).

J'arriverai à faire cela : positif. Je n'arriverai pas à faire cela : négatif.

Donc, positiver, c'est penser pouvoir faire une action et cette pensée nous aide à sa réalisation en nous donnant l'image du résultat. Parfois, c'est difficile. Les difficultés apparaissent. La solution est de fractionner l'action en petites étapes faciles donc vues de façon positive.

En ce qui me concerne, j'ai un exemple précis. Je marche très difficilement ; étant cardiaque, j'ai des vertiges qui me déséquilibrent. Donc je fractionne le parcours.

Quand je suis place Gambetta, première pensée négative : aujourd'hui, c'est impossible, je n'arriverai pas à rentrer à Mériadeck, il me faut un taxi.

Mais je peux aller jusque dans ce magasin où la gérante charmante me fera asseoir et me donnera un verre d'eau et un chocolat.

De là je peux arriver à la Poste et m'asseoir. De là je peux (positif) repartir : il y a une pharmacie où j'ai coutume d'aller m'asseoir – et d'étapes en étapes j'arrive chez moi.

Autre exemple : ayant eu un accident au bras droit, j'ai des difficultés pour écrire et mon courrier s'accumule. Pour cela encore je fractionne : d'abord je prépare les enveloppes. Le fait d'avoir écrit les noms a évoqué les personnes et tout s'enchaîne : j'écris les lettres.

 

Le Général de Gaulle dans son appel du 18 juin pour la formation de la Résistance a dit : "Ensemble nous vaincrons" (l'espoir est positif).

Churchill au moment où les sous-marins anglais étaient coulés [par les forces nazies] a dit : "Ce n'est qu'un début tragique qui nous enseigne la marche à suivre (positif). Nos sous-marins passeront." Ils sont passés, ils ont gagné.

 

Et cela nous enseigne aussi la puissance de la pensée.»

 

Mme Escande nous parle de l'utilité du fractionnement.

Cela rejoint l'histoire de l'éléphant. Vous ne savez pas comment on mange un éléphant ?...

Eh bien, bouchée par bouché ! (et pas en le gobant…)

Cela vous fait sourire, mais combien d'élèves décident de gober l'éléphant, pardon, de lire les 85 pages du Zadig de Voltaire pour… demain ;-) Et ce alors qu'ils avaient trois semaines (21 jours) pour le faire…

A la place, comme le suggère Richard Dubreuil, ils auraient pu lire (85 / 21 =) 4 pages chaque jour, et pour s'en souvenir, écrire chaque jour sur leur agenda : de 18 h 15 à 18 h 30 (par exemple) : rendez-vous avec Voltaire...